« Le Loup et l’Agneau » est une des fables les plus célèbres de Jean de La Fontaine et fonctionne très bien pour des élèves de CM1–CM2.
Elle met en scène un loup, fort et affamé, qui rencontre un agneau venu boire au ruisseau en contrebas. Le loup cherche un prétexte pour le manger et reproche à l’agneau des torts imaginaires. Malgré les explications de l’agneau, le loup, rusé et cruel, le dévore à la fin.
À travers cette fable, les élèves découvrent la morale célèbre : « La raison du plus fort est toujours la meilleure ». Ils comprennent que le pouvoir ou la force peut écraser l’innocence, et qu’il existe parfois des situations injustes où la logique et la justice ne suffisent pas.
Découverte de la fable : Le Loup et l’Agneau
Dans un premier temps, on fera une première lecture collective de cette fable, puis on demandera de faire une lecture individuelle de celle-ci.
La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l’allons montrer tout à l’heure.
Un Agneau se désaltérait
Dans le courant d’une onde pure.
Un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
Sire, répond l’Agneau, que votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu’elle considère
Que je me vas désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d’Elle,
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l’an passé.
Comment l’aurais-je fait si je n’étais pas né ?
Reprit l’Agneau, je tette encor ma mère.
Si ce n’est toi, c’est donc ton frère.
Je n’en ai point. – C’est donc quelqu’un des tiens :
Car vous ne m’épargnez guère,
Vous, vos bergers, et vos chiens.
On me l’a dit : il faut que je me venge.
Là-dessus, au fond des forêts
Le Loup l’emporte, et puis le mange,
Sans autre forme de procès.
Jean de La Fontaine
Phase de recherche sur la fable : Le Loup et l’Agneau
On demandera aux élèves de répondre à quelques questions que le professeur aura préalablement inscrites au tableau. On présentera le document : « Ce document est une fable de Jean de La Fontaine, intitulée » Le Loup et l’Agneau ». On prendra le temps nécessaire pour travailler sur la formulation de la présentation du document proposé. On indiquera ensuite que les principaux personnages sont un loup et un agneau.

Travail autour du tutoiement et du vouvoiement : Le Loup et l’Agneau
On va repérer les formes de tutoiement et de vouvoiement dans un texte.
Tutoiement : utilisé par le Loup pour marquer la supériorité, l’autorité ou la menace. Ici, le Loup s’adresse directement à l’Agneau pour le réprimander.
Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Vouvoiement : utilisé par le Agneau pour montrer le respect, la politesse, voire la crainte face à un personnage plus puissant.
Sire, répond l’Agneau, que votre Majesté
Ne se mette pas en colère
Le changement de forme montre aussi le déséquilibre de pouvoir entre le Loup (fort, cruel) et l’Agneau (petit, vulnérable).
Travail autour des substituts : Le Loup et l’Agneau
| AGNEAU | LOUP |
| Un Agneau te tu je toi le | Un loup cet animal plein de rage Sire Votre Majesté elle cette bête cruelle je moi me |
Les substituts remplacent le nom du personnage pour éviter de répéter son nom trop souvent.
Ils peuvent être :
- des pronoms : il, elle, lui, je, tu, moi…
- des groupes nominaux : cette bête cruelle, votre Majesté…
Dans cette fable, on voit que le Loup utilise surtout le tutoiement et des pronoms pour marquer sa supériorité, tandis que l’Agneau utilise le vouvoiement et des pronoms pour montrer sa politesse et sa prudence.
Travail autour de l’opposition : Le Loup et l’Agneau
Dans “Le Loup et l’Agneau” de Jean de La Fontaine, le Loup et l’Agneau sont très différents. Le Loup est fort, méchant et injuste, tandis que l’Agneau est petit, faible et innocent. Le Loup cherche toujours des excuses pour attaquer l’Agneau, même si ce n’est pas sa faute, et ne veut pas l’écouter. L’Agneau, lui, essaie de se défendre en expliquant qu’il n’a rien fait. Cette histoire montre que la force peut écraser la faiblesse et que l’innocence n’empêche pas l’injustice.
La fable met en scène deux personnages très différents :
- un agneau innocent : encore un bébé animal, couleur blanche symbole de pureté et d’innocence.
- un loup effrayant : emploi de termes péjoratifs comme « plein de rage » (v.8), « en colère » (v.11), « bête cruelle » (v.18).
Travail autour de la justice (Le Loup et l’Agneau)
On proposera au groupe classe de faire le procès de l’agneau avec des avocats pour aider le loup ou l’agneau et un juge (celui-ci étant également le procureur : le loup)
Quelles sont les quatre raisons que donne le Loup pour se justifier (de vouloir manger l’agneau) ?
- il salit l’eau de la rivière alors que le Loup veut boire
→ le Loup se trouve en haut de la source et lui en bas, donc il ne peut pas salir l’eau puisque celle-ci ne monte pas. - l’agneau lui en veut personnellement
→ il n’était pas né. - son frère le déteste
→ il n’a pas de frère. - les bergers et les chiens qui les protègent le détestent.
C’est l’argumentation de l’agneau qui semble la plus raisonnable : il fait appel à la raison alors que le Loup fait appel aux sentiments (la haine, la mauvaise foi).
La structure narrative : Le Loup et l’Agneau
1. Situation initiale
Un agneau boit tranquillement à la rivière, en bas. Un loup arrive en haut de la rivière, plein de colère.
2. Élément perturbateur
Le loup accuse l’agneau d’avoir troublé son eau, ce qui est impossible car l’eau coule de lui vers l’agneau.
3. Péripéties
L’agneau essaie de se défendre en expliquant qu’il n’a rien fait et qu’il est innocent. Mais le loup cherche d’autres excuses : l’agneau aurait insulté son frère, ou les bergers le détesteraient. Le loup invente des prétextes pour justifier son envie de le manger.
4. Situation finale / morale
Le loup dévore l’agneau sans écouter ses raisons.
La morale montre que la force et la violence l’emportent souvent sur la justice et la vérité.
Le texte original d’Esope
Un loup, voyant un agneau qui buvait à une rivière, voulut alléguer un prétexte spécieux pour le dévorer.
Bien qu’il fût lui-même en amont, il l’accusa de troubler l’eau et de l’empêcher de boire.
L’agneau répondit qu’il ne buvait que du bout des lèvres, et que d’ailleurs, étant à l’aval, il ne pouvait troubler l’eau à l’amont.
Le loup, n’ayant pas réussi, déclara que l’agneau avait insulté son père. L’agneau répondit qu’il n’était pas né à cette époque.
Le loup, dans sa rage, le saisit et le déchira injustement.
Le texte original de Phèdre
Un loup et un agneau, assoiffés, vinrent au même ruisseau. Le loup était en amont, l’agneau en aval. Cherchant une querelle, le loup l’accusa de troubler l’eau que lui-même buvait. L’agneau répondit que c’était impossible, car l’eau coulait vers lui. Le loup changea d’accusation, disant que l’agneau avait parlé mal de lui six mois plus tôt. L’agneau répondit qu’il n’était pas encore né. Alors le loup dit que c’était le père de l’agneau qui avait parlé ainsi, puis il le saisit et le tua injustement. Cette fable s’adresse à ceux qui oppriment les innocents avec de faux motifs.
Les parodies autour de la fable « Le Loup et l’Agneau »
Parodie inspirée de Le Loup et l’Agneau (version Histoire pressée)
Un loup fait sa sieste. L’agneau s’approche doucement et lui saute sur le ventre.
— « Je veux un bonnet ! » crie l’agneau. « Tricote‑moi un bonnet, tout droit ! »
Le loup, surpris, va chercher deux pelotes de laine, des aiguilles et un modèle dans un catalogue. Il s’applique à tricoter… mais le fil se défait sans cesse.
— « Fais‑moi un gâteau au chocolat ! » ordonne encore l’agneau.
Et le loup se met en cuisine : farine, œufs, beurre, sucre… il suit la recette à la lettre, mais le gâteau ne lève pas, il est plat comme une galette.
— « Lis‑moi Le Loup et l’Agneau! » réclame finalement l’agneau.
Alors le loup grimpe sur un escabeau, attrape le gros livre, met ses lunettes, et lit parfaitement… ce qui fait hurler l’agneau de rire !
Le loup timide — Gérard Bocholier
Un agneau se désaltérait
Dans le courant d’une onde pure.
Un loup survint, timide et n’osant l’aventure
Que son grand‑père lui lisait
Dans un célèbre fablier.
« Sire, » lui dit l’agneau, « que votre Majesté
Prenne un peu plus d’audace,
L’honneur de votre race
En dépend, faites vite ! »
« Je viens boire et croquer seulement ces myrtilles, »
Répondit le timide.
« Vous plaisantez ? » — « Non pas.
Épargne‑moi tes moqueries.
Je suis de ces loups blancs qui sont, dans les familles,
Toujours montrés du doigt. »
Dans le fond des forêts il détale
Et l’agneau se noie.
Car il était fort maladroit.
Point de vrai loup, point de morale !
Quelles compétences sont travaillées pour les élèves de CM1 CM2 sur le loup et l’agneau ?
| Compétence | Indicateur de réussite | Lien vers une ressource |
|---|---|---|
| Identifier ce qu’est une fable de Jean de La Fontaine | L’élève repère qu’il s’agit d’un court récit mettant en scène des animaux ou des personnages, porteur d’une morale implicite ou explicite. | Travail autour du Corbeau et du Renard |
| Lire et comprendre une fable de Jean de La Fontaine (personnages, événements, issue) | L’élève repère les personnages principaux, les étapes du récit et explique ce qui arrive aux personnages à la fin. | L’Âne chargé de sel |
| Comprendre et formuler la morale d’une fable | L’élève reformule avec ses mots la leçon de la fable (ce qu’elle veut faire comprendre sur le comportement humain). | Le Renard au ventre gonflé |
| Mettre en relation une fable d’Ésope avec une autre version (par ex. La Fontaine) | L’élève repère ressemblances et différences entre deux versions d’une même fable (personnages, déroulement, formulation de la morale). | La Grenouille et le Bœuf : Jean de La Fontaine – Phèdre |
| Identifier et comprendre les substituts (pronoms, groupes nominaux) | L’élève repère les mots qui remplacent les personnages (il, elle, celui-ci, la fourmi, l’animal, etc.) et comprend à qui ils renvoient dans le texte. | Extrait d’une fable étudiée en classe |