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Leçon Orthographe O1 : Les accents

Dans cette leçon d’orthographe pour les élèves de CM1–CM2, nous allons travailler sur les accents en français : accent aigu, accent grave et accent circonflexe. Les élèves découvriront sur quelles voyelles ils se placent, comment ils modifient la prononciation des mots et comment ils permettent parfois de distinguer des homophones comme « a / à » ou « ou / où ». Cette leçon a pour objectif de clarifier le rôle des accents et de donner des repères simples pour mieux les utiliser dans les dictées et les productions écrites. Tu peux revenir sur la page d’accueil en cliquant ici !

O1 : Les accents et le tréma

Les accents

Les voyelles a, e, i, o et u prennent parfois un accent qui modifie généralement leur prononciation. Les accents en français jouent un rôle fondamental dans la prononciation, le sens des mots et l’orthographe correcte. Voici un guide complet pour tout savoir sur les accents :

1- L’accent aigu

Il n’existe que sur le e et se prononce [e] comme éléphant ou été.

2- L’accent grave

Il peut se placer sur le e et se prononce [ɛ] comme sirène ou fière.

Il peut également se placer sur le a ou le u, cela ne modifie pas la prononciation mais permet de différencier les homophones comme a/à  – ou/où.

3- L’accent circonflexe

Il peut se placer sur le e et se prononce [ɛ] comme fête ou rêve

Il peut également se placer sur le o, le u, le i et le a. Cela ne modifie pas la prononciation.

Il est obligatoire dans certains cas, mais peut parfois être optionnel depuis les rectifications de l’orthographe de 1990. Il marque souvent une ancienne lettre supprimée (souvent un s) : forêt (foresta), hôpital (hospital). De plus, il permet d’avoir une prononciation allongée ou différente. Cela permet également d’avoir un sens distinctif : mûr (fruit) ≠ mur (paroi)

Ex : drôle – île – piqûre – pâle

Attention !

Le e peut se prononcer [ɛ] mais ne prend pas d’accent quand :

  • il est suivi d’une consonne double comme verre, effet, belle…
  • il est suivi d’un -t ou d’un -r en fin de mot comme poulet ou amer …
  • il est devant deux consonnes différentes comme geste ou excellent …
AccentExempleSonUtilisation principale
Accent aigu (´)école[e] ferméUniquement sur la lettre e
Accent grave (`)père, où, là[ɛ] ouvertSur e, a et u
L’accent circonflexe (ˆ)forêt, hôpitalvariableSur a, e, i, o, u (jamais sur y)

Le tréma

Il se place sur le e ou sur le i. Il indique qu’il faut prononcer les deux voyelles qui se suivent séparément. Certains mots d’origine latine peuvent aussi contenir un tréma comme capharnaüm.

le maïs le ma/is

Tu peux retrouver une vidéo explicative ici !

Les accents

L’histoire des accents

Le latin, langue d’origine du français, ne possédait aucun accent écrit. La longueur des voyelles et l’accent tonique étaient marqués uniquement à l’oral. Lorsque le latin évolua vers le français médiéval, la prononciation changea profondément : certaines voyelles se modifièrent, s’ouvrant ou se fermant, tandis que plusieurs consonnes disparurent. Ces transformations entraînèrent l’apparition de nombreux homonymes, rendant la lecture parfois ambiguë. Pour mieux guider les lecteurs et clarifier les différences de sons et de sens, des signes diacritiques furent introduits progressivement dans l’écriture française, marquant ainsi une étape décisive dans l’histoire de son orthographe et de sa prononciation.

L’accent aigu apparut au XIVᵉ siècle afin d’indiquer la voyelle e fermée, comme dans le mot café. Puis, au siècle suivant, l’accent grave fut introduit pour signaler le e ouvert, présent dans père, ou encore pour différencier des mots identiques à l’écrit, tels que à et a. Enfin, au XVIᵉ siècle, l’accent circonflexe se répandit. Ce signe servait souvent à rappeler la disparition d’une lettre, en particulier d’un s ancien, comme dans forêt issu de forest. Ces trois accents devinrent peu à peu indispensables pour rendre compte des sons et de l’évolution du français écrit.

À ces accents s’ajoutèrent d’autres signes diacritiques ayant chacun une fonction précise. La cédille, créée au XIIᵉ siècle, transforme la consonne c en un son doux [s] devant les voyelles a, o et u, comme dans garçon. Le tréma, quant à lui, permet d’indiquer que deux voyelles successives se prononcent séparément, comme dans Noël ou maïs. Ces signes facilitent donc la lecture et la prononciation, en évitant les confusions entre des sons proches. Leur apparition résulte d’un besoin pratique, lié à l’évolution phonétique du français médiéval vers une langue de plus en plus fixée et codifiée.

Au fil des siècles, les accents et signes diacritiques se sont imposés comme des éléments essentiels de l’orthographe française. Ils ne sont pas de simples ornements, mais des outils permettant de préserver la clarté, la justesse phonétique et la richesse sémantique de la langue. En distinguant les mots par leur forme écrite et en précisant la prononciation, ils assurent une meilleure compréhension à la lecture. Leur évolution témoigne du souci constant d’adapter l’écriture aux transformations de la langue parlée. Aujourd’hui encore, ces marques graphiques constituent une composante fondamentale de l’identité visuelle et sonore du français.

Les erreurs les plus courantes sur les accents

Une erreur récurrente chez les élèves, même avancés, est l’oubli de l’accent sur la lettre e. On rencontre souvent pere, eleve ou regle au lieu de père, élève et règle. Cette omission, apparemment mineure, peut altérer le sens ou la prononciation des mots. Ainsi, desert ne signifie pas la même chose que désert, et interet perd la clarté d’intérêt. Les accents ne sont donc pas de simples ornements graphiques : ils assurent la précision du langage écrit et guident la lecture. Une relecture attentive, accompagnée d’une bonne connaissance des règles d’accentuation, permet d’éviter ces confusions fréquentes et de renforcer la justesse de l’expression écrite.

Les confusions entre les différents accents sont également sources d’erreurs. Certains écrivent ècole au lieu d’école, ou crême à la place de crème. D’autres intervertissent les accents, produisant des formes incorrectes comme évènement ou collége. Ces fautes proviennent souvent d’une méconnaissance des sons qu’ils représentent : l’accent aigu marque un e fermé, tandis que l’accent grave indique un e ouvert. Le respect de ces nuances contribue à la beauté et à la précision du français. Les erreurs sur les accents peuvent sembler mineures, mais elles modifient parfois le sens ou la valeur d’un mot, nuisant à la qualité du texte écrit ou lu.

D’autres signes, comme le circonflexe, posent aussi des difficultés. Ce signe, souvent négligé, conserve pourtant une valeur historique et sémantique importante. Oublier le circonflexe dans forêt, hôpital ou âge efface la trace d’anciennes lettres disparues, tout en risquant de créer des confusions. Par exemple, mûr (prêt à être cueilli) se distingue de mur (paroi). De même, sûr ne signifie pas sur. Ces distinctions, parfois subtiles, participent à la précision lexicale du français. Bien utiliser les accents et le circonflexe, c’est donc respecter la logique interne de la langue et transmettre un message clair et exact.

Enfin, certaines erreurs d’accentuation entraînent des contresens dans la phrase entière. Confondre ou et où, a et à, du et dû change radicalement la signification. Dire Il a tout perdu à cause du mal qu’il a dû faire n’équivaut pas à Il a tout perdu à cause du mal qu’il a du faire. Pour éviter ces fautes, il faut développer une vigilance orthographique constante, lire régulièrement et observer la place des accents dans les textes. Les accents, loin d’être accessoires, constituent un pilier de la langue française : ils reflètent son histoire, ses sonorités et son exigence de clarté dans l’expression.

Les accents

https://www.youtube.com/@soscartables

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