La production d’écrits « conte des origines CM1 CM2 » est l’aboutissement de toute la séquence. Après neuf séances de lecture, d’analyse et de structuration, les élèves sont prêts à écrire leur propre conte étiologique ou plutôt, dans cette séance 10, à écrire la suite d’un conte dont je ne leur donne que la situation initiale. Le texte support est Pourquoi le chacal a-t-il l’échine roussie ? : une situation initiale africaine riche, un problème clair (le soleil veut monter au ciel), et une fin à inventer. C’est ma tâche d’écriture préférée de l’année et celle qui révèle le mieux ce que les élèves ont vraiment compris du genre.
→ Pour la définition et la structure du genre, consultez ma page contes des origines CM1 CM2.
→ Pour les outils de planification (schéma narratif, fiche de référence), consultez la séance le mille-pattes.
Reprise du schéma narratif sur les contes des origines

Etude de la situation initiale du conte des origines pour appuyer la production d’écrits
La deuxième partie se concentre sur la compréhension précise et collective de la situation initiale du conte « Pourquoi le chacal a l’échine roussie ? ». Sous la lecture lente et commentée, les élèves repèrent les informations principales : où cela se situe, quels personnages sont en jeu, quel est le problème posé. Par des échanges guidés, ils reformulent la situation initiale à l’oral avant un travail à l’écrit en petits groupes. Cette reformulation collective permet d’ancrer les bases du sens, tout en développant la maîtrise du vocabulaire spécifique (roussir, désert, malheureux). Ces échanges stimulent aussi l’attention à la cohérence narrative.
Pourquoi le chacal a l’échine roussie ?
Au temps où le monde était encore jeune et où toutes choses étaient autres, le chacal n’avait pas du tout le dos comme il l’a maintenant. Et en ce temps-là, le soleil n’habitait pas dans les cieux, il vivait sur la terre, parmi toutes les bêtes. Cela ne lui plaisait pas du tout et les animaux non plus ne trouvaient pas cela agréable.
Là où était le soleil, il faisait si chaud que tout risquait de brûler. Les animaux fuyaient le soleil qui en était très malheureux. Il restait toujours tout seul, dans un coin du désert, couché dans le sable, gémissant sur sa triste situation et souhaitant s’en aller ailleurs. Ce qu’il aurait préféré, c’était d’aller au ciel. Mais comment y parvenir ?
Avec le groupe classe, on mettra en évidence plusieurs éléments :
- Personnages : le Soleil — le Chacal (mentionné dans le titre, pas encore apparu dans le texte)
- Lieu : le désert
- Formule d’ouverture : Au temps où le monde était encore jeune et où toutes choses étaient autres — formule étiologique caractéristique à mémoriser
- Quand : il y a très longtemps — passé
- Le problème : le soleil vit sur Terre, il fait trop chaud pour tout le monde, les animaux fuient. Le soleil est seul et malheureux. Il veut aller dans les cieux mais ne sait pas comment.
- Ce qu’on ne sait pas encore : comment le chacal va intervenir, et pourquoi il aura l’échine roussie à la fin
Je pose toujours la même question avant la phase d’hypothèses : « Le titre nous dit que le chacal aura l’échine roussie. Qu’est-ce que cela vous apprend sur ce qui va se passer ? » Les élèves comprennent rapidement que le chacal va forcément approcher le soleil de trop près et que c’est ça qui brûlera son dos.
Travail collectif pour préparer la production d’écrits « conte des origines CM1 CM2 »
On demandera aux élèves de faire des recherche sur ce conte des origines en répondant à un questionnaire.
| Dans les contes des origines, on trouve souvent | |
| La situation initiale Quelle est la formule de début du conte ? Qui sont les personnages ? Où se passe l’action ? Quand se passe l’action ? | |
| Problème Quel problème doit résoudre le héros ? | |
| Les péripéties, les actions Qui aide le héros ? Qui fait obstacle au héros ? | |
| Résolution du problème Comment le héros résout son problème? Une situation finale La fin est-elle heureuse ou malheureuse ? Y-a-t-il une formule de fin ? Si oui, laquelle ? | |
Construction des hypothèses pour préparer la production d’écrits « conte des origines CM1 CM2 »
Cette partie très importante consiste à faire travailler les élèves sur l’anticipation et la créativité. Ils sont invités à imaginer et à exprimer à haute voix ce qu’ils pensent pouvoir arriver ensuite pour résoudre la situation initiale et expliquer l’échine roussie du chacal. Toutes les hypothèses sont recueillies, mises en commun, discutées, et classées en fonction de leur originalité et plausibilité. Ce travail collectif permet de préparer mentalement la production d’écrits en donnant des pistes possibles et en valorisant la créativité de chacun, créant un engagement fort dans le projet d’écriture.
Les élèves proposent, discutent, complètent :
- Le chacal prend le soleil sur son dos pour le porter jusqu’au ciel
- Le chacal creuse un tunnel qui monte jusqu’aux nuages
- Le chacal construit une échelle, un trampoline, une fusée …
- Le chacal lance le soleil comme une balle
- Le chacal demande à d’autres animaux de l’aider à pousser le soleil
- Le chacal grimpe sur une montagne avec le soleil
Je les fais ensuite évaluer chaque hypothèse selon deux critères : est-ce que ça explique comment le soleil monte au ciel ? Et est-ce que ça explique pourquoi le chacal a l’échine roussie ? Les hypothèses qui répondent aux deux critères sont les plus solides et ce sont celles que je garde pour la planification.
Planification pour préparer la production d’écrits « conte des origines CM1 CM2 »
Avant d’écrire, les élèves complètent le tableau de planification. C’est une étape non négociable que j’impose à tous (CM1 et CM2). Les élèves qui sautent la planification produisent des textes incohérents ou s’arrêtent au milieu. Ceux qui planifient écrivent plus vite et plus sûrement.
Ce travail préparatoire facilite l’organisation des idées et diminue les blocages à l’écriture, tout en rappelant l’importance du respect du schéma narratif.
Les consignes de production sont précises et affichées au tableau pendant toute la séance :
- Le chacal doit rencontrer le soleil et lui offrir son aide
- Le chacal aide le soleil à monter dans cieux et se brûle le dos
- À la fin : le soleil est dans les cieux et le chacal a l’échine roussie
- Formule de clôture obligatoire : Depuis ce jour…
- Longueur : 10 à 15 lignes
- Temps du récit : imparfait + passé simple (ou passé composé pour les CM1)
Rédaction de la production d’écrits « conte des origines CM1 CM2 »
Chaque élève rédige sa suite en respectant les consignes. Je circule dans les rangs et accompagne les élèves en difficulté en atelier ciblé : pour certains c’est l’orthographe, pour d’autres la syntaxe des phrases complexes, pour d’autres encore la cohérence narrative (ne pas oublier d’expliquer pourquoi l’échine brûle). Je ne corrige pas pendant la rédaction : j’aide à débloquer, je pose des questions, je reformule.
Les CM2 travaillent en autonomie complète. Les CM1 ont accès à une liste de mots-outils (vocabulaire du désert, du soleil, de la course, de la chaleur) et peuvent utiliser la fiche de référence du schéma narratif.

Texte pour la production d’écrits « conte des origines CM1 CM2 »

Pourquoi le chacal a l’échine roussie ?
Au temps où le monde était encore jeune et où toutes choses étaient autres, le chacal n’avait pas du tout le dos comme il l’a maintenant. Et en ce temps-là, le soleil n’habitait pas dans les cieux, il vivait sur la terre, parmi toutes les bêtes. Cela ne lui plaisait pas du tout et les animaux non plus ne trouvaient pas cela agréable.
Là où était le soleil, il faisait si chaud que tout risquait de brûler. Les animaux fuyaient le soleil qui en était très malheureux. Il restait toujours tout seul, dans un coin du désert, couché dans le sable, gémissant sur sa triste situation et souhaitant s’en aller ailleurs. Ce qu’il aurait préféré, c’était d’aller au ciel. Mais comment y parvenir ?
Le soleil n’avait alors qu’un seul ami, c’était le chacal. Quand le chacal vit son ami se désoler et qu’il apprit ce qu’il désirait, il lui offrit son aide :
« Puisque tu veux aller au ciel, je vais t’y mener, assieds-toi sur mon dos ».
Le soleil lui fit de grands remerciements et, sans plus attendre, lui sauta sur l’échine. Le chacal prit le galop, mais même pour ses pattes véloces, le ciel était bien loin. Et le soleil, installé sur son dos, lui brûlait l’échine. Quand il n’y put plus tenir, il s’arrêta et demanda :
« Descends, soleil, au moins pour un moment. Ca me brûle trop !»
Mais le soleil ne bougea pas, craignant que le chacal ne le laissât là. Il se cramponna au pelage de sa monture et y resta agrippé jusqu’à ce que le chacal reprenne sa course et le dépose au bout de la terre, là où le ciel commence. Arrivé à cet endroit, il sauta directement de l’échine du chacal dans les cieux.
Depuis ce jour, le soleil est demeuré dans les cieux et le chacal a l’échine roussie comme s’il était passé par le feu.
Valorisation : production d’écrits conte des origine CM1 CM2
Pour conclure, les productions sont partagées à l’oral afin de valoriser le travail fourni et de comparer les différentes solutions imaginées. Cette lecture collective favorise l’écoute, le respect et la reconnaissance des talents de chaque élève. Une grille simple d’auto-évaluation est utilisée pour repérer les points forts et les améliorations possibles. Les textes peuvent être affichés, regroupés en un recueil de classe ou intégrés à un projet numérique afin de donner sens et visibilité au travail accompli. L’enseignant effectue un retour global sur les progrès réalisés en compréhension du conte et en expression écrite.
Liste des compétences travaillées lors de la production d’écrits sur les contes des origines
| Compétence | Indicateur de réussite |
|---|---|
| Comprendre et analyser une situation initiale | L’élève identifie les personnages, le lieu, la formule d’ouverture, le problème posé et anticipe ce que le titre révèle sur la situation finale. |
| Construire des hypothèses narratives à l’oral | L’élève propose des suites respectant les deux contraintes : le soleil monte au ciel ET le chacal a l’échine roussie. |
| Planifier sa production d’écrits | L’élève complète le tableau de planification avant de commencer : péripéties, résolution, situation finale et formule de clôture. |
| Rédiger un texte narratif court cohérent (10-15 lignes) | L’élève produit un texte qui respecte la suite logique de la SI, avec une progression narrative claire et une formule de clôture étiologique. |
| Utiliser les temps du récit de façon appropriée | L’élève emploie l’imparfait pour les descriptions et le passé simple (ou passé composé en CM1) pour les actions. |
| Mobiliser le vocabulaire spécifique du genre | L’élève utilise substituts nominaux, connecteurs temporels et vocabulaire du registre étiologique. |
| Respecter les codes de l’écrit et se relire | L’élève effectue une relecture ciblée sur l’orthographe, la ponctuation et la cohérence narrative. |
| Comparer sa production au texte source | L’élève identifie les points communs et différences entre sa version et le conte original et explique les choix narratifs de l’auteur. |
Ces compétences croisent les domaines du français au cycle 3, notamment la production d’écrits, le lexique, la grammaire, et la compréhension narrative, en conformité avec les programmes officiels.
FAQ — Production d’écrits conte des origines CM1 CM2
Pourquoi demander aux élèves d’écrire la suite d’un conte plutôt qu’un conte complet ?
Parce que la situation initiale déjà rédigée résout deux problèmes majeurs : les élèves ne cherchent pas la formule d’ouverture (elle est fournie) et ils entrent directement dans le ton du genre. La contrainte double (le soleil doit monter au ciel ET le chacal doit avoir l’échine roussie) est plus exigeante qu’une rédaction libre, ce qui force une vraie réflexion narrative. C’est une tâche d’écriture à contrainte productive — le type de tâche le plus efficace au cycle 3.
Comment différencier cette production d’écrits entre CM1 et CM2 ?
Les CM2 travaillent en autonomie complète avec la liste des contraintes. Les CM1 ont accès à une liste de mots-outils (vocabulaire du désert, du soleil, de la chaleur, de la course) et peuvent utiliser l’imparfait + passé composé au lieu de l’imparfait + passé simple. La planification avec le tableau du schéma narratif est obligatoire pour les deux niveaux — c’est le seul outil d’aide systématique.
Quelle longueur pour une production d’écrits conte des origines en CM1 CM2 ?
Entre 10 et 15 lignes pour cette tâche spécifique (écrire la suite). C’est suffisant pour développer les péripéties, la résolution et la situation finale avec la formule de clôture, sans que la longueur devienne un obstacle à la créativité. Pour une production complète de zéro (sans situation initiale fournie), on peut viser 15 à 20 lignes en CM2.
Quels temps du récit utiliser dans un conte étiologique ?
L’imparfait pour les descriptions et les états (le soleil vivait sur la terre, il faisait chaud) et le passé simple pour les actions ponctuelles (le chacal prit le galop, le soleil sauta). En CM1, le passé composé peut remplacer le passé simple pour les actions. La formule de clôture finale (Depuis ce jour…) est suivie d’un présent ou d’un imparfait selon les contes — les deux sont valides.
Comment évaluer une production d’écrits conte des origines ?
Je retiens trois critères principaux : la structure est-elle respectée (SI → péripéties → SF avec formule de clôture) ? Le vocabulaire est-il précis et varié (substituts, connecteurs, champ lexical du conte) ? Les deux contraintes étiologiques sont-elles remplies (le soleil dans le ciel + l’échine roussie) ? L’orthographe et la syntaxe sont évaluées séparément, pour ne pas pénaliser deux fois les mêmes élèves.
Peut-on utiliser ce conte du chacal avec d’autres niveaux que CM1 CM2 ?
Oui — le conte du chacal fonctionne très bien en CE2 (avec une situation initiale simplifiée et des contraintes moins exigeantes) et en 6ème (avec une analyse plus poussée du style narratif et des temps du récit). La tâche d’écriture à contrainte double (deux explications simultanées) est particulièrement adaptée au cycle 3 et au début du cycle 4.
Conclusion
Cette séance 10 est la conclusion naturelle de toute la séquence. En dix séances, mes élèves ont lu sept contes étiologiques de cultures différentes, analysé le schéma narratif, travaillé les substituts grammaticaux, reconstitué un puzzle narratif, étudié les formules rituelles du genre et ils sont maintenant capables d’écrire leur propre conte. C’est le meilleur indicateur que la séquence a fonctionné : non pas le score à une évaluation, mais la qualité des histoires inventées.
Retrouvez l’ensemble de la séquence sur ma page Contes des origines CM1 CM2 et suivez les prochaines séances en vidéo sur → @soscartables
