SOS Cartables : la classe de Monsieur Bonelli CM1-CM2

V2 Sens propre ou sens figuré ?

Voici la séance d’introduction pour aborder le sens propre et le sens figuré. Dans un premier temps, on lira une série de poésies aux élèves. Celles-ci ont quelque chose en commun ! L’auteur emploie des expressions mais il ne les utilise pas correctement. Il les prend au premier degré. L’auteur joue donc sur le sens propre et le sens figuré d’expression que l’on connaît très bien !Clique ici pour revenir sur la page d’accueil !

Poésies de Jacques Charpentreau

La recherche La chevauchée La lessive En voyage

Certains la cherchent dans les airs
Parmi les oiseaux des nuages,
D’autres dans les fleurs du bocage
Ou dans les algues de la mer.

Ils s’en vont la chercher en Chine,
Dans un temple ancien, à Pékin,
Dans les pages d’un vieux bouquin,
Dans les secrets d’une machine…

Pourquoi remuer la planète ?
Moi, comme je t’aime beaucoup,
Dans les cheveux blonds de ton cou
Je cherche la petite bête.

Certains, quand ils sont en colère,
Crient, trépignent, cassent des verres…
Moi, je n’ai pas tous ces défauts :
Je monte sur mes grands chevaux.

Et je galope, et je voltige,
Bride abattue, jusqu’au vertige
Des étincelles sous leurs fers,
Mes chevaux vont un train d’enfer.

Je parcours ainsi l’univers,
Monts, forêts, campagnes, déserts…
Quand mes chevaux sont fatigués,
Je rentre à l’écurie – calmé

Chaque semaine, mes parents,
Cinq tantes, dix oncles, vingt nièces,
Cent cousins, des petits, des grands,
Se pressent dans la même pièce.

Dans la machine, ils introduisent
Mille corsages et chemises,
Cent mille slips et pyjamas,
Un million de paires de draps.

Nylon, dentelles ou guenilles,
Chaque semaine nous avons
Cette habitude : nous lavons
Notre linge sale en famille.

Quand vous m’ennuyez, je m’éclipse,
Et, loin de votre apocalypse,
Je navigue, pour visiter
La Mer de la Tranquillité.

Vous tempêtez ? Je n’entends rien.
Sans bruit, au fond du ciel je glisse.
Les étoiles sont mes complices.
Je mange un croissant. Je suis bien.

Vous pouvez toujours vous fâcher,
Je suis si loin de vos rancunes !
Inutile de me chercher :
Je suis encore dans la lune

Poésie sur le sens propre et le sens figuré

Analyse des poésie !

Quelles sont les expressions que l’on retrouve dans ses poésies ? Que signifient-elles vraiment ?

Chercher la petite bête : bien examiner quelque chose en essayant de trouver un problème.

Laver son linge sale en famille : régler un problème en privé.

Être dans la lune : rêver, penser à autre chose.

Monter sur ses grands chevaux : se mettre en colère.

L’objectif et de mettre en évidence qu’un même mot peux avoir 2 sens : un sens propre et un sens figuré. Pour comprendre un mot, il faut analyser le contexte de la phrase. Il existe des expressions imagées. On peut inventer des histoires drôles (humoristiques) pour jouer avec les mots.

Le sens propre d’un mot correspond à son sens le plus courant. C’est le sens donner en premier par le dictionnaire. Les Pyrénées sont des montagnes (sens propre : importante élévation de terrain).

Le sens figuré d’un mot correspond à son sens imagé. Le mot est utilisé dans un contexte différent. Il y a une montagne de jouets dans ma chambre (sens figuré : important quantité d’objets – tas d’objets).

Tu peux également retrouver d’autres poésies de Jacques Charpentreau :

Le lutin horloger

Il court, il court, sa montre en main,
Par les rues et par les chemins !
Mais qu’est-il en train de chercher
De l’hôtel de ville au clocher ?

Il retourne les sabliers,
Il inspecte les balanciers.
Quartz ou ressort, vite il déloge
L’oiseau caché dans votre horloge

Tic-tac, il avance, il recule
Les aiguilles de la pendule.
Il court, de demeure en demeure,
Chercher midi à quatorze heures.  

Chercher midi à quatorze heures : compliquer une chose simple, chercher des problèmes là où il n’y en a pas.                                           

Au cirque

Au grand cirque de l’Univers,

On voit sauter des trapézistes,

Des clowns, des jongleurs, des artistes

S’envoler à travers les airs.

L’écuyère sur ses chevaux

Passe du noir au brun, au blanc,

Le funambule, sans élan,

Droit sur son fil, saute là-haut.

Tout saute à s’en rompre le crâne

Les lions sur les tambours dorés,

Les tigres sur les tabourets…

Moi, je saute du coq à l’âne.

Sauter du coq à l’âne : passer d’un sujet à l’autre sans transition, changer de sujet de conversation tout à coup.

Voici la première affiche d’application.

Exercice 1 : Surligne en vert les phrases dans lesquelles les mots ou expressions sont au sens propre. Surligne en rouge les phrases dans lesquelles les mots ou expressions sont au sens figuré.

J’ai acheté un nouveau manteau. La pelouse est couverte d’un manteau neigeux. 

Le médecin légiste a passé la scène de crime au peigne fin.  Pour tes cheveux, utilise un peigne fin

N’oublie pas d’embrasser ton père. Mon oncle a embrassé le métier de policier. 

La Lune est magnifique cette nuit. Charles a la tête dans la lune

Il a perdu sa clé. Le cambrioleur a pris la clé des champs. 

Exercice 2 : Relis chaque expression au sens figuré à sa définition.

Exercice 3 : Dans les phrases suivantes, les mots soulignés sont employés au sens figuré. Invente une phrase avec les mêmes mots au sens propre.

  • Logan est très fort en maths : il a la bosse des maths.
  • Il est vraiment très gentil, il a le cœur sur la main.
  • Ce matin, il a reçu un coup de fil de son avocat.
  • La nuit tombe rapidement en hiver.

Exercice 4 : Complète ses expressions imagées.

Donner sa langue au ______. Avoir la main _________. Mettre les pieds dans le__________. Raconter des _________. Rentrer dans sa ____________. Avoir un poil dans la____________.

Avoir la puce à ____________. Couper la poire en __________. Broyer du____________.

Se mettre le doigt dans__________. Avoir la chair de ________. Avoir la tête dans les ___________.

Voici la correction de la première fiche d’application sur le sens propre et le sens figuré.

Exercice 1

Exercice 2

Exercice 3

  • Logan est tombé, il a une bosse sur la tête.
  • Son cœur bat très vite après la course.
  • Le joueur a pris un coup au niveau du genou.
  • Elle tombe dans les escaliers.

Exercice 4 : Complète ses expressions imagées.

Donner sa langue au chat. Avoir la main verte. Mettre les pieds dans le plat. Raconter des salades. Rentrer dans sa coquille. Avoir un poil dans la main. Avoir la puce à l’oreille. Couper la poire en deux. Broyer du noir. Se mettre le doigt dans l’oeil. Avoir la chair de poule. Avoir la tête dans les nuages.

CompétenceIndicateur de réussiteLien vers une ressource
Comprendre la différence entre sens propre et sens figuréL’élève explique que le sens propre est le sens premier, concret d’un mot, et que le sens figuré est un sens imagé, plus abstrait.Sens propre ou sens figuré (1) CM1/CM2 – SOS Cartables​ | Enseigner le vocabulaire – Eduscol
Identifier si un mot est employé au sens propre ou au sens figuré dans une phraseL’élève classe des phrases ou expressions dans la colonne « sens propre » ou « sens figuré » et justifie son choix.Sens propre ou figuré (2) CM1/CM2 – SOS Cartables​ | Fiche séquence sens propre / sens figuré cycle 3
Utiliser le contexte pour comprendre des expressions au sens figuréL’élève s’aide des autres mots de la phrase et de la situation pour interpréter correctement une expression imagée.V2 Polysémie des mots : leçon (rappel sens propre / figuré) – SOS Cartables​ | Lexique et culture – exemples d’expressions au sens figuré – Eduscol
Réinvestir sens propre / sens figuré dans lecture et écritureL’élève repère ou emploie des expressions au sens figuré dans ses lectures ou ses productions écrites et peut les expliquer.Sens propre ou sens figuré (1 et 2) – SOS Cartables​ | Exercices sens propre / sens figuré CM1-CM2
Compétence sur la polysémie des motsIndicateur de réussiteLien vers une ressource
Comprendre ce qu’est la polysémieL’élève explique qu’un même mot peut avoir plusieurs sens différents selon le contexte.V2 Polysémie des mots : leçon de vocabulaire CM1-CM2 – SOS Cartables​ | Enseigner le vocabulaire au cycle 3 – académie de Nice
Identifier les différents sens d’un mot polysémiqueL’élève repère plusieurs sens possibles d’un même mot en s’appuyant sur les phrases et les situations proposées.Catégorie « La polysémie des mots » – SOS Cartables​ |​
Utiliser le contexte pour trouver le sens d’un motL’élève s’aide des mots qui entourent un terme pour choisir le sens correct parmi plusieurs possibles.
Réinvestir la polysémie dans la lecture et l’écritureL’élève repère ou joue sur les différents sens d’un mot dans des textes lus ou dans ses propres productions écrites.Ressources français cycle 3 – Eduscol

Pourquoi étudier la polysémie des mots en CM1 CM2 ?

Étudier la polysémie des mots en CM1 et CM2 permet aux élèves de mieux comprendre la richesse de la langue française. Un mot peut avoir plusieurs sens selon le contexte, et apprendre à les reconnaître aide à éviter les confusions. Par exemple, le mot banc peut désigner un siège ou un groupe de poissons. En observant ces différences, les enfants découvrent que les mots ne sont pas figés et que leur signification peut varier selon la situation ou la phrase. Cela développe leur curiosité et leur envie de jouer avec les mots tout en construisant un vocabulaire plus précis et plus vivant.

Comprendre la polysémie des mots aide aussi les élèves à améliorer leur lecture et leur compréhension de texte. Lorsqu’ils rencontrent un mot connu dans un sens nouveau, ils apprennent à s’appuyer sur les indices du contexte pour en déduire la signification. Cette capacité à réfléchir et à faire des hypothèses renforce leur autonomie en lecture. De plus, ils deviennent capables d’interpréter des textes plus complexes, comme des poésies, des récits ou des articles, où les auteurs jouent souvent avec les différents sens des mots pour créer des effets de style.

Enfin, travailler sur la polysémie des mots rend les élèves plus à l’aise à l’oral et à l’écrit. En comprenant que les mots peuvent changer de sens, ils apprennent à choisir le mot le plus adapté à la situation. Cela enrichit leurs phrases, rend leurs textes plus précis et leurs échanges plus clairs. Ce travail les aide aussi à repérer les jeux de mots, les expressions et les double-sens, ce qui rend la langue plus amusante à utiliser. Étudier la polysémie, c’est donc apprendre à mieux parler, mieux écrire et mieux comprendre les autres.

D’où vient le concept de polysémie des mots ?

La polysémie des mots, c’est le fait qu’un même mot puisse avoir plusieurs sens selon la phrase où il est utilisé. Ce phénomène existe depuis très longtemps. Déjà, dans la Grèce antique, des penseurs comme Aristote avaient remarqué que certains mots changeaient de sens selon le contexte. Par exemple, le mot clé pouvait désigner un objet pour ouvrir une porte, mais aussi une idée importante pour résoudre un problème. Les savants s’intéressaient à ces différences pour mieux comprendre comment les mots permettent d’exprimer la pensée. À cette époque, on ne parlait pas encore de polysémie, mais on observait déjà la richesse et la souplesse du langage.

Le mot polysémie vient du grec “poly” qui veut dire plusieurs et “sêma” qui signifie sens. Il a été inventé au XIXᵉ siècle par le linguiste Michel Bréal, un chercheur français passionné par le sens des mots. Il a expliqué que les mots changent souvent de signification avec le temps, selon la manière dont les gens les utilisent. Par exemple, le mot feuille peut parler d’un arbre, d’un papier ou d’un cahier. Étudier la polysémie aide donc à mieux comprendre les textes, à enrichir son vocabulaire et à jouer avec la langue de façon intelligente et créative.

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