La Fontaine aux fables (CM1 CM2) est la bande dessinée que j’utilise comme support d’entrée dans la séquence fables CM1 CM2 et cette première séance commence exactement comme pour les contes des origines : par la couverture. Avant d’ouvrir le livre, avant de lire une seule fable, je projette la couverture au tableau et je demande : « Qu’est-ce que vous voyez ? » En vingt ans, je n’ai jamais eu une classe silencieuse face à cette illustration. Les animaux humanisés, la mare d’encre qui fait naître un monde entier, le jeu de mots du titre : tout est là pour entrer dans le genre fable avant même d’avoir lu une ligne. Voici le déroulé complet de la séance.
→ Pour la définition du genre, la présentation des fabulistes et la séquence complète, consultez ma page pilier Fables CM1 CM2.
Pourquoi commencer par la couverture ?
Commencer par analyser une première de couverture, c’est une entrée dans la lecture au sens plein du terme. Ce n’est pas une activité de remplissage : c’est une véritable stratégie de compréhension : les élèves apprennent à formuler des hypothèses, à les justifier avec des indices précis, et à anticiper le contenu avant de le découvrir.
Avec La Fontaine aux fables, la couverture est particulièrement riche pédagogiquement. Elle pose d’emblée plusieurs questions essentielles que la séquence va développer : Qu’est-ce qu’une fable ? Pourquoi des animaux qui ressemblent à des humains ? Qu’est-ce que La Fontaine a voulu dire ?
📌 Eduscol précise dans les ressources d’accompagnement du programme de français cycle 3 que « la fréquentation des œuvres passe par une relation physique avec le livre » — observer la couverture, manipuler l’objet-livre, c’est déjà entrer en littérature. → Ressources Eduscol — Français cycle 3
La Fontaine aux fables : présentation de l’œuvre
Avant l’analyse, je prends trois minutes pour présenter l’œuvre. La Fontaine aux fables est une bande dessinée publiée chez Delcourt qui adapte les fables de Jean de La Fontaine avec plusieurs illustrateurs différents : chaque fable a son propre univers graphique.
Ce qui la rend précieuse comme support pédagogique : le texte est intégral, c’est-à-dire que les vers de La Fontaine n’ont pas été modifiés. Les élèves lisent donc le texte original tout en bénéficiant d’illustrations modernes qui facilitent l’entrée dans le genre.
C’est le Volume 1 d’une série : ce détail me permet d’introduire la notion de recueil : La Fontaine n’a pas écrit une seule fable mais des centaines, réunies en 12 livres publiés entre 1668 et 1694.

Analyse de la première de couverture : la méthode pas à pas
J’organise l’analyse en quatre temps. Je projette la couverture au tablea, sans la distribuer et les élèves observent en silence pendant deux minutes avant de partager leurs observations.
a) Observer les éléments écrits et formuler des hypothèses : le paratexte
Le titre La Fontaine aux fables est un jeu de mots que j’écris au tableau et que je fais commenter : dans cette « fontaine », il ne coule pas de l’eau mais de l’encre — c’est l’inspiration de l’écrivain. Et le nom de La Fontaine est aussi celui de l’auteur. Ce double sens est immédiatement perceptible par les CM2 et souvent découvert collectivement par les CM1.
| Titre du livre | La Fontaine aux fables |
|---|---|
| Auteur | Jean de La Fontaine |
| Type de livre | Bande dessinée |
| Illustrateurs | Plusieurs illustrateurs |
| Éditeur | Delcourt |
b) Examiner l’illustration
Dans l’illustration, on voit de nombreux animaux (corbeau, lion, cigogne, chien, loup, tortue, rat, grenouille, bœuf). Ce qui frappe immédiatement : ces animaux ne sont pas dessinés comme dans la nature. Certains portent des vêtements, d’autres ont des attitudes humaines. Je pose la question : « Pourquoi les animaux ressemblent-ils à des humains ? » C’est la question clé du genre fable : les animaux sont des masques qui nous représentent.
La scène se déroule sur une grande feuille de parchemin. On remarque un encrier, une plume et une énorme mare d’encre. Autour de cette tâche, un monde prend vie : de la végétation pousse, des personnages apparaissent, un arbre se forme. L’idée est puissante : l’encre de l’écrivain fait naître tout un monde. C’est une façon très visuelle d’expliquer ce qu’est un auteur.
c) Formuler des hypothèses sur le contenu
C’est le moment le plus riche. Je demande : « De quoi ce livre va-t-il parler, selon vous ? » Les élèves proposent, et je note toutes les hypothèses au tableau sans en rejeter aucune. On les confrontera à la réalité au fil de la séquence.
Trois questions guides :
- À partir du titre et des images, de quoi le livre pourrait-il parler ?
- Quelle époque est représentée selon vous ?
- Est-ce que cette couverture vous donne envie de lire le livre ? Pourquoi ?
d) Retrouver des fables connues
Je demande aux élèves de se mettre par deux et de retrouver, à partir de l’illustration ou de leurs connaissances, le maximum de fables de La Fontaine. Chaque groupe note ses réponses sur une feuille créant ainsi une banque de fables collective que j’affiche dans la classe.
Les fables visibles ou reconnaissables sur la couverture : Le Lièvre et la Tortue — Le Corbeau et le Renard — Le Loup et l’Agneau — La Grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le Bœuf — Le Renard et la Cigogne — Le Chien et le Loup — Les Deux Mulets — Le Renard et le Bouc
La fiche élève : observation guidée
Après la phase collective, les élèves complètent individuellement la fiche d’observation de la couverture. Elle reprend les quatre étapes de l’analyse (paratexte, illustration, hypothèses, fables repérées) et sert de trace écrite pour la suite de la séquence.

Ce que cette séance installe pour la suite
Cette première séance ne définit pas encore la fable, ce n’est pas son rôle. Elle installe trois éléments fondamentaux pour la suite de la séquence :
1. La question des animaux humanisés : pourquoi La Fontaine utilise-t-il des animaux pour parler des humains ? Cette question traversera toute la séquence et trouvera sa réponse complète lors de l’étude comparative Ésope / Phèdre / La Fontaine.
2. La notion de recueil : La Fontaine aux fables n’est pas un roman à lire du début à la fin mais un recueil de textes courts indépendants. Les élèves comprennent dès le départ qu’une fable peut se lire seule.
3. L’auteur comme créateur de monde : l’image de la mare d’encre qui fait naître les personnages est une façon visuelle et mémorable d’introduire la notion d’auteur et de style littéraire.
Les compétences travaillées dans cette séance
| Compétence | Indicateur de réussite |
|---|---|
| Identifier les éléments du paratexte d’une première de couverture | L’élève repère et nomme le titre, l’auteur, le type de livre, les illustrateurs et l’éditeur, et explique à quoi sert chaque élément. |
| Analyser une illustration de couverture | L’élève décrit les animaux humanisés, la mare d’encre et les éléments graphiques, et fait le lien entre ce parti pris visuel et le genre fable. |
| Comprendre le jeu de mots du titre | L’élève explique le double sens de La Fontaine aux fables : le nom de l’auteur et la métaphore de la fontaine d’encre. |
| Formuler des hypothèses sur le contenu d’un livre | L’élève propose des hypothèses justifiées sur le contenu de l’œuvre à partir du titre et de l’illustration. |
| Identifier des fables connues | L’élève retrouve au moins trois titres de fables de La Fontaine à partir de l’illustration ou de ses connaissances. |
| Comprendre la notion de recueil | L’élève explique que La Fontaine aux fables est un recueil — un ensemble de textes courts et indépendants — et non un roman continu. |
FAQ — La Fontaine aux fables en CM1 CM2
Qu’est-ce que La Fontaine aux fables ?
La Fontaine aux fables est une bande dessinée publiée chez Delcourt qui adapte les fables de Jean de La Fontaine avec plusieurs illustrateurs. Le texte est intégral — les vers de La Fontaine n’ont pas été modifiés. C’est le Volume 1 d’une série. Ce support est idéal en CM1 CM2 car il combine le texte original en vers avec des illustrations modernes qui facilitent l’entrée dans le genre.
Pourquoi utiliser une bande dessinée pour aborder les fables de La Fontaine ?
Parce que la BD crée une distance par rapport au texte en vers qui peut intimider certains élèves. Elle offre une entrée visuelle dans les personnages et les atmosphères, et pose d’emblée la question du rapport texte/image — une compétence de lecture au programme cycle 3. À partir de la séance 3, on quitte la BD pour travailler directement sur les textes en vers et la comparaison avec Ésope et Phèdre.
Pourquoi les animaux ressemblent-ils à des humains sur la couverture ?
C’est la caractéristique fondamentale de la fable : les animaux sont des allégories — ils représentent des types humains. Le corbeau vaniteux, la fourmi travailleuse, le renard rusé… En utilisant des animaux, La Fontaine peut critiquer les défauts humains sans nommer personne directement. C’est une figure rhétorique qui date d’Ésope et que La Fontaine a portée à son sommet.
Qu’est-ce que le jeu de mots dans le titre La Fontaine aux fables ?
Le titre joue sur le double sens du mot « Fontaine » : d’un côté, c’est le nom de l’auteur — Jean de La Fontaine. De l’autre, c’est une fontaine d’encre, une source d’inspiration d’où jaillissent les histoires. L’illustration illustre littéralement ce jeu de mots : une mare d’encre d’où naît tout un monde.
Combien de fables contient La Fontaine aux fables Volume 1 ?
Le Volume 1 contient 12 fables de Jean de La Fontaine adaptées en bande dessinée. Parmi elles : Le Corbeau et le Renard, La Cigale et la Fourmi, Le Lièvre et la Tortue, La Grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le Bœuf. Chaque fable est illustrée par un illustrateur différent, ce qui donne une grande variété de styles graphiques.
Combien de temps dure cette première séance ?
Dans ma pratique, cette séance dure 45 minutes : 5 minutes de présentation de l’œuvre et de l’auteur, 15 minutes d’observation collective et d’analyse guidée de la couverture, 15 minutes d’activité en binôme (retrouver des fables), 10 minutes de mise en commun et de complétion de la fiche élève.
Conclusion
Cette première séance sur La Fontaine aux fables pose les bases de toute la séquence : elle crée de la curiosité, installe les premières questions sur le genre fable, et montre aux élèves que la littérature classique peut se lire sous des formes très différentes. La couverture fait déjà tout le travail : il suffit de la regarder vraiment.
Retrouvez la suite de la séquence sur ma page pilier Fables CM1 CM2 et suivez les prochaines séances en vidéo sur → @soscartables

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