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Situation initiale / finale (conte des origines) : leçon essentielle CM1 CM2

La situation initiale / la situation finale (conte des origines) : voilà ce que nous travaillons en séance 5 de ma séquence CM1 CM2. Après quatre séances de lecture de contes étiologiques variés, les élèves ont une bonne intuition du genre mais ils n’ont pas encore mis de mots précis sur ce qu’ils observent.

C’est l’objectif de cette leçon : passer de la compréhension intuitive à la maîtrise notionnelle, en travaillant sur des extraits de quatre contes différents. Un exercice d’association, une correction collective, une lecture offerte et les formules rituelles du genre sont acquises.

→ Pour la présentation complète du genre et de la séquence, consultez ma page « contes des origines CM1 CM2. → Pour le lexique du genre, consultez la séance 1 — découverte d’Histoires comme ça.


Ce que les élèves savent déjà et ce qu’il reste à formaliser

À ce stade de la séquence, mes élèves ont lu quatre contes étiologiques de cultures différentes. Ils savent intuitivement que chaque conte commence dans un monde « différent d’aujourd’hui » et se termine par une explication de la réalité actuelle. Mais quand je leur demande d’expliquer ce mécanisme avec leurs propres mots, les réponses sont floues : « c’est le début et la fin », « c’est avant et après »…

Cette séance sert précisément à cristalliser ces intuitions en notions claires et réutilisables : situation initiale, situation finale, formules d’ouverture, formules de clôture. Ce sont les outils qu’ils utiliseront pour analyser les séances suivantes et, surtout, pour écrire leur propre conte étiologique en séance 10.

📌 Eduscol précise dans les ressources d’accompagnement du programme de français cycle 3 que la construction d’une « posture de lecteur » passe par l’identification des caractéristiques génériques des textes — dont la structure narrative. Cette séance est au cœur de cet objectif.Ressources Eduscol — Français cycle 3


Lecture des extraits : associer situations initiales et finales

Je distribue un tableau avec huit extraits en couleur : les situations initiales en violet, les situations finales en bleu. Les élèves doivent les associer par paires : quelle situation finale correspond à quelle situation initiale ? en s’appuyant sur les indices thématiques (le même animal, le même phénomène, les mêmes personnages).

C’est un exercice de lecture fine et de logique narrative : pour associer correctement, il faut comprendre le sens de chaque extrait et identifier le lien de causalité entre le « monde d’avant » et le « monde d’après ».

Aussi incroyable que cela puisse paraître, il fut un temps où les animaux n’avaient pas de queue. Vous avez bien entendu : pas de queue. Ni le renard, ni l’âne, ni le lapin, ni le chien, ni les autres. Et cela les rendait fort tristes. Au temps où le monde était encore jeune et que toutes choses étaient différentes, la terre ne connaissait pas la nuit. Le soleil brillait constamment dans le ciel et personne ne pouvaient dormir. Seuls, les serpents se trouvaient bien car c’étaient eux qui détenaient la nuit et les ténèbres. Il y a longtemps, bien longtemps, quand la terre était encore toute jeune, et que le monde n’était pas encore achevé, les oiseaux ne savaient pas bâtir leur nid. C’est l’oiseau de Feu qui le leur a appris.    
Au commencement, la hyène avait une belle voix. Chaque nuit, elle chantait pour la lune. Tous les animaux écoutaient la belle voix de la hyène.   Désormais, il y eut donc des serpents venimeux et d’autres qui ne l’étaient pas. La famille du grand chef faisait partie des serpents venimeux, mais tout le monde pouvait s’en garder car ils portaient tous une crécelle à la queue. Depuis ce jour, la hyène rit lorsque la lune est dans le ciel. Les autres animaux ne l’écoutent plus.  
Et c’est ainsi que les animaux ont trouvé leur queue et pas autrement.   C’est ainsi que les oiseaux ont appris à bâtir leur nid.    
 exercice situations initiales et finales contes des origines — CM1 CM2

Travail de recherche individuel pour associer les situations initiales et finales

Les élèves travaillent individuellement sur l’exercice d’association. Je leur demande de noter leurs réponses et d’entourer dans chaque extrait le mot ou groupe de mots qui leur a permis de faire le lien. Ce travail sur les indices lexicaux est essentiel : il prépare les élèves à repérer en autonomie les formules rituelles du genre dans n’importe quel conte étiologique.

Pour les CM1 les plus fragiles, je propose une aide différenciée : je leur donne les indices-mots directement (queue / serpents / oiseaux + nid / hyène + animaux) pour qu’ils puissent valider leur raisonnement.

Correction collective basée sur le travail des élèves

La correction collective se fait en deux temps. D’abord les réponses factuelles (quelle SI correspond à quelle SF) puis la justification : quel mot ou expression dans le texte vous a permis de le savoir ?

C’est dans ce deuxième temps que les élèves verbalisent ce qu’ils observent : les mots « queue », « serpents », « nid », « hyène » apparaissent dans les deux extraits associés. Ce travail de verbalisation prépare directement la leçon sur les formules rituelles.

Situations initialesSituations finalesIndices
A3queue
B1serpents
C4oiseaux + nid
D2hyène + animaux
Situations initiales et finales

La leçon : qu’est-ce que la situation initiale et la situation finale ?

Voici comment j’institutionnalise la notion après la correction collective.

La situation initiale présente le monde dans son état premier : un monde différent de la réalité actuelle. Elle est toujours introduite par des formules qui situent l’action dans un temps lointain, presque mythique. Elle présente les personnages, le lieu et le problème ou le manque à l’origine de l’histoire.

La situation finale décrit le nouvel ordre établi après les péripéties. Elle explique comment les choses sont devenues ce qu’elles sont aujourd’hui. Elle est presque toujours introduite par une formule de clôture explicative qui fait le lien direct entre le récit et la réalité observable.

Les formules d’ouverture des situations initiales

Ces formules servent à installer le décor et à signaler que l’on parle d’un temps lointain, presque mythique. Je les fais mémoriser car elles sont indispensables pour la production d’écrits :

  • « Il y a très longtemps… »
  • « Au commencement du monde… »
  • « Quand le monde était encore jeune… »
  • « Autrefois, quand les animaux parlaient… »
  • « À l’époque où les hommes parlaient aux animaux… »

Ces formules créent un contexte universel et intemporel : elles signalent au lecteur qu’il entre dans un récit étiologique, pas dans une histoire ordinaire.

Les formules de clôture des situations finales

Ces formules expliquent le résultat de l’histoire et ancrent le récit dans la réalité observable. Elles sont la signature du genre étiologique :

  • « Voilà pourquoi, depuis ce jour… »
  • « Depuis ce temps, les zèbres ont des rayures. »
  • « Et c’est ainsi que… »
  • « C’est pour ça que depuis… »
  • « Et depuis lors… »

Je demande aux élèves de les repérer dans tous les contes qu’ils ont lus depuis le début de la séquence : c’est un excellent exercice de révision transversale.

Les quatre contes utilisés dans cette séance

Les huit extraits du tableau proviennent de quatre contes étiologiques différents, choisis pour leur diversité culturelle et thématique :

  • Pourquoi les animaux ont une queue ? — conte africain
  • Comment les serpents sont-ils devenus venimeux ? — conte d’Afrique de l’Ouest
  • Pourquoi la hyène rit ? — conte africain
  • Comment les oiseaux ont-ils appris à construire leur nid ? — conte traditionnel

Cette variété est volontaire : elle montre aux élèves que les formules d’ouverture et de clôture se retrouvent dans des contes de cultures très différentes : c’est la marque universelle du genre.

Lecture offerte : Comment les oiseaux ont appris à construire leur nid

Je termine la séance par une lecture offerte complète d’un des contes utilisés dans l’exercice. Cette lecture a deux fonctions : vérifier que les élèves comprennent maintenant la structure complète du conte (pas seulement les extraits), et préparer la séance suivante qui travaillera sur les caractéristiques du genre dans leur globalité.

Autrefois, les oiseaux ne savaient pas où déposer leurs œufs. Ils les laissaient tomber sur le sol et, très souvent, les petits se blessaient ou disparaissaient. Les oiseaux étaient bien tristes et se plaignaient au Grand Esprit de la forêt. Celui-ci décida de leur montrer comment construire une maison pour protéger leurs petits.

Il commença par plier une branche pour faire un cercle, puis y tissa des herbes, des plumes et de la mousse. Les oiseaux observèrent attentivement et essayèrent à leur tour. Certains firent de grands nids solides, d’autres de petits tout ronds. Depuis ce jour, chaque espèce d’oiseau fabrique son nid à sa manière, pour abriter ses œufs et protéger sa famille.

Après cette lecture, je pose trois questions rapides à l’oral : quelle est la situation initiale ? quelle est la formule de clôture ? qu’est-ce que ce conte explique ? Ces trois questions suffisent à valider la compréhension notionnelle de la séance.


Lexique interactif sur les contes des origines


Les compétences travaillées lors de cette séance

CompétenceIndicateur de réussite
Comprendre ce que sont les contes des originesL’élève explique qu’un conte des origines (ou conte étiologique, conte du pourquoi) raconte de manière imaginaire l’origine d’un phénomène naturel, d’une particularité d’animal ou d’un comportement humain.
Identifier les caractéristiques des contes des originesL’élève repère qu’un conte des origines a souvent un titre en forme de question, une situation initiale « il y a très longtemps », une transformation qui explique l’origine, puis une situation finale qui ressemble au monde d’aujourd’hui.
Repérer la structure du récitL’élève retrouve dans un conte des origines les étapes du récit : situation initiale, événements qui provoquent la transformation, situation finale qui explique « pourquoi c’est comme ça maintenant ».
Observer la langue du conte des originesL’élève remarque l’utilisation fréquente de temps du passé (imparfait, passé simple) avec parfois une dernière phrase au présent, ainsi que des connecteurs de temps (« un jour », « puis », « longtemps après »).
Écrire un court conte des originesL’élève rédige un conte des origines simple en respectant les principales caractéristiques du genre (titre-question, « il était une fois » / « il y a très longtemps », explication imaginaire d’une origine).

FAQ — Situation initiale et finale dans le conte des origines CM1 CM2

Qu’est-ce que la situation initiale dans un conte des origines ?

La situation initiale présente le monde dans son état « d’avant » — un monde différent de la réalité actuelle. Par exemple, dans un conte étiologique, les animaux n’ont pas encore de queue, le corbeau est multicolore, ou le crocodile a une toute petite gueule. Elle est introduite par des formules comme « Il y a très longtemps… », « Autrefois… » ou « Quand le monde était encore jeune… ». C’est le point de départ de toute l’explication étiologique.

Qu’est-ce que la situation finale dans un conte des origines ?

La situation finale décrit le nouvel état du monde — celui que nous connaissons aujourd’hui. Elle clôt le récit par une formule explicative du type « Voilà pourquoi, depuis ce jour… » ou « Et c’est ainsi que… ». Cette formule fait le lien entre l’histoire fictive et la réalité observable. C’est la signature du genre étiologique : sans situation finale explicative, le conte n’est pas un conte des origines.

Quelles sont les formules d’ouverture typiques des contes des origines ?

Les formules les plus fréquentes sont : « Il y a très longtemps… », « Au commencement du monde… », « Quand le monde était encore jeune… », « Autrefois, quand les animaux parlaient… », « À l’époque où les hommes parlaient aux animaux… ». Ces formules signalent au lecteur qu’il entre dans un récit étiologique — elles créent un contexte intemporel et universel propre au genre.

Quelles sont les formules de clôture typiques des contes des origines ?

Les formules de clôture les plus fréquentes sont : « Voilà pourquoi, depuis ce jour… », « Depuis ce temps… », « Et c’est ainsi que… », « C’est pour ça que depuis… », « Et depuis lors… ». Elles sont la marque distinctive du conte étiologique par rapport aux autres genres narratifs — elles ancrent le récit fictif dans la réalité observable.

Pourquoi travailler les situations initiales et finales en séance 5 et pas avant ?

Parce que les élèves ont d’abord besoin d’une expérience concrète du genre avant d’en formaliser les caractéristiques. Les séances 1 à 4 leur ont permis de lire quatre contes étiologiques de cultures différentes et d’en percevoir intuitivement la logique. La séance 5 cristallise ces intuitions en notions explicites et réutilisables — c’est le moment idéal pour l’institutionnalisation.

Comment utiliser les notions de SI et SF pour préparer la production d’écrits ?

Avant d’écrire leur propre conte étiologique, je demande aux élèves de compléter une fiche de préparation en deux cases : « Mon monde d’avant (situation initiale) » et « Mon explication finale (situation finale) ». Ce cadrage préalable évite les blocages à l’écrit et garantit que le conte produit respecte la logique étiologique. C’est l’articulation directe entre cette séance 5 et la séance 10 de production d’écrits.


Conclusion — Situation initiale et finale dans le conte des origines CM1 CM2

Cette séance 5 est un tournant dans la séquence : après quatre lectures, les élèves ont maintenant les outils notionnels pour analyser n’importe quel conte étiologique de façon autonome. Les formules d’ouverture et de clôture sont mémorisées, la logique SI/SF est comprise — tout est en place pour approfondir l’étude du schéma narratif dans les séances suivantes et préparer la production d’écrits.

Retrouvez l’ensemble de la séquence sur ma page Contes des origines CM1 CM2 et suivez les prochaines séances en vidéo sur → @soscartables

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