Chaque année, le même rituel revient début septembre : une salle de classe un peu trop petite pour tout le monde, des chaises d’enfants occupées par des adultes et moi qui essaie de faire tenir 11 mois d’organisation en 1 heure. Go, c’est la réunion de rentrée CM1 CM2 !
La réunion de rentrée, c’est un peu ça. Elle sert à poser des bases claires pour que l’année démarre sans malentendu. Je reviens ici sur les points essentiels abordés cette année dans ma classe de CM1 CM2, pour ceux qui étaient présents et qui veulent s’y retrouver, et pour ceux qui n’ont pas pu venir.
D’abord, les questions pratiques sur la réunion de rentrée CM1 CM2
Les horaires ne changent pas d’une année sur l’autre : 8h45-12h et 13h45-16h30. Ça paraît évident de le rappeler, mais c’est justement ce genre de détail qui évite les retards du premier lundi.
Pour les absences, la règle est simple et elle vaut vraiment la peine d’être respectée : un message sur la messagerie de l’école ou sur l’ENT. Ce n’est pas de la paperasse inutile, c’est ce qui permet à l’équipe de savoir qui est là, qui ne l’est pas, et pourquoi.
Sur la question des enfants malades, un point mérite d’être répété chaque année parce qu’il surprend encore certains parents : un enseignant n’a pas le droit d’administrer un médicament, quel qu’il soit, même le plus anodin. Pour les enfants ayant une maladie chronique, la solution existe et elle est simple à mettre en place : un PAI, projet d’accueil individualisé, construit avec le médecin scolaire, la directrice et l’enseignant. Mieux vaut l’anticiper dès la rentrée que d’attendre une situation urgente.
Une classe à deux niveaux, deux dynamiques
Cette année, la classe rassemble douze CM2 et quatorze CM1, et ça change forcément la façon de travailler.
Pour les CM2, l’objectif est clair : consolider et terminer l’acquisition d’un grand nombre de compétences de base, avec en ligne de mire la préparation à la sixième avec un rythme de travail plus soutenu, que nous détaillerons au fil de l’année.
Pour les CM1, il s’agit davantage de découverte : numération, grammaire, conjugaison, autant de notions qui se mettent en place progressivement, avant d’être reprises et consolidées l’année suivante.
Dans les deux groupes, un même besoin revient : la participation des élèves. Une classe à double niveau fonctionne bien quand les enfants s’investissent, s’entraident et ne comptent pas uniquement sur l’adulte pour tout expliquer deux fois. Une attention particulière est aussi portée aux enfants en difficulté, avec des sollicitations ciblées selon leurs besoins.
Et comme chaque année scolaire apporte son lot de nouveautés, les nouveaux programmes de mathématiques et de français pour les CM2, et d’histoire, géographie et sciences pour les CM1, viennent s’ajouter à l’ensemble.
Pour mieux cerner où en est chaque enfant, des évaluations dites « nationales » sont mises en place en début d’année. L’idée n’est pas de sanctionner mais de mesurer : cela permet de connaître les compétences réelles de chaque élève, d’ajuster le niveau d’exigence et le rythme de travail, et surtout de pouvoir organiser ensuite les APC (l’aide pédagogique complémentaire) de façon plus individualisée.
L’organisation au quotidien
L’emploi du temps n’est jamais figé : il évolue selon la progression des apprentissages, ce qui est normal et même souhaitable. Quelques repères reviennent malgré tout d’une semaine à l’autre. L’EPS a lieu le lundi et le vendredi, en général.
Les dictées, elles, suivent un processus en cinq étapes étalé sur la semaine : préparation le vendredi sur le cahier du soir, dictée de mots le lundi matin, dictée flash le lundi après-midi et le mardi matin, dictée finale le jeudi matin, et correction à la maison pendant le week-end. Ce découpage peut sembler complexe au premier abord, mais il donne aux enfants plusieurs occasions de revenir sur les mêmes mots avant l’évaluation finale, ce qui aide justement ceux qui ont besoin de répétition pour mémoriser.
La classe fonctionne aussi grâce au décloisonnement avec une collègue, Madame …., qui prend en charge l’histoire-géographie et l’histoire des arts pour les CM2 ainsi que l’aide personnalisée, pendant que je m’occupe des sciences, de la géographie CM1 et de l’EPS. Ce partage permet à chaque enseignant de se concentrer sur certaines matières et d’apporter un regard complémentaire sur les élèves.

Le matériel et les cahiers, une organisation qui a du sens
La liste du matériel a beau paraître longue sur le papier, chaque cahier a sa fonction précise, et ça vaut la peine de la comprendre plutôt que de la subir.
Le cahier du jour, blanc, pour le français et les mathématiques, doit être signé chaque semaine. La chemise d’évaluation est à vérifier tous les quinze jours.
Viennent ensuite le cahier d’histoire jaune, celui de géographie vert, le cahier d’anglais gris, celui de sciences bleu, et le cahier du soir orange.
S’ajoutent le porte-vue de leçons, le classeur de lecture-écriture qui regroupe aussi les lectures suivies, l’histoire des arts et les arts plastiques, le cahier de poésie partagé avec la musique, et bien sûr un cahier de brouillon. Une fiche récapitulative est envoyée par mail pour que personne n’ait à tout retenir de tête après une seule réunion.
Apprendre une leçon, ce n’est pas la réciter
C’est sans doute le point sur lequel j’insiste le plus, année après année, parce qu’il change vraiment la façon dont un enfant travaille chez lui. Les leçons se trouvent dans le porte-vue et dans un cahier rouge, sous forme de productions d’exemples ou de reformulations avec des mots clés.
Les leçons longues, en histoire, géographie ou sciences, sont écrites en plusieurs morceaux plutôt que d’un bloc. Et surtout : apprendre une leçon ne veut pas dire la réciter par cœur, mais être capable de comprendre la notion, de l’appliquer dans un exercice, de répondre à une question qui la mobilise autrement.
J’encourage vivement les parents à faire relire les leçons le soir, et surtout à poser des questions dessus plutôt qu’à simplement vérifier que le texte est su mot pour mot. L’orthographe des leçons est corrigée en continu ; en CM2 en particulier, j’attends une copie propre et sans erreur, ce qui demande un peu de rigueur mais qui paie sur le long terme. Un élève absent reçoit systématiquement une photocopie pour ne pas prendre de retard.
En cycle 3, l’autonomie devient un objectif à part entière : apprendre à travailler seul, à aller au bout d’une activité sans attendre en permanence une validation. Des travaux autonomes sont proposés lorsque les tâches individuelles sont terminées, et mon rôle consiste à vérifier, guider, questionner ; jamais à faire le travail à la place de l’enfant, même quand la tentation existe des deux côtés.

Devoirs, poésie et rituels
Une nouvelle poésie est à apprendre toutes les deux ou trois semaines : c’est la seule activité de la classe où il est réellement demandé d’apprendre un texte par cœur. Les devoirs sont en général donnés le vendredi, pour laisser le temps de les faire sur le week-end, et notés dans le cahier du soir orange. Chaque début de semaine, une feuille de trois ou quatre exercices reprend les notions travaillées les jours précédents.
Les journées démarrent aussi par des rituels fixes : calcul mental et lecture tous les jours, complétés par une dictée de mots le lundi, une dictée flash le mardi, une dictée complète le jeudi. Ces répétitions quotidiennes, même courtes, construisent des automatismes qu’aucun exercice ponctuel ne remplace vraiment.
Vivre ensemble et être évalué
Pour la vie de classe, un système de couleurs fonctionne autour d’une fleur à quatre pétales pour la semaine. Chaque élève démarre la journée dans le vert ; les manquements au règlement font monter dans les couleurs suivantes, et un enfant qui atteint le rouge reçoit une fiche de travail à compléter à la maison. L’objectif n’est pas de punir pour punir, mais de responsabiliser et de valoriser ceux qui respectent les règles communes.
Côté évaluations, les compétences sont notées selon une échelle à quatre niveaux :
A pour acquise, au-delà de 75 % de réussite
EA+ pour une compétence à renforcer, entre 60 et 75 %
EA- pour une compétence en cours d’acquisition, entre 40 et 60 %
NA pour non acquise, en dessous de 40 %.
Ce système, plus fin qu’une simple note sur vingt, permet de voir précisément où se situe la difficulté d’un enfant plutôt que de se contenter d’un chiffre.
Vers la sixième, et un outil pour rester en lien
Pour les CM2, aucune démarche individuelle n’est à effectuer pour l’entrée en sixième : le collège de secteur reste Camus, à Eysines, avec une possibilité de dérogation pour un autre établissement public si besoin. L’aide personnalisée, elle, débute en octobre, les lundis et mardis de 16h30 à 17h30, pour les élèves que les enseignants identifient comme pouvant en bénéficier.
Enfin, l’outil Pidapi permet aux parents de suivre les devoirs et la vie de la classe en ligne, via un espace dédié. C’est un complément pratique aux cahiers, surtout pour les familles qui veulent vérifier un point précis sans attendre le retour de l’enfant à la maison.
Une réunion de rentrée ne remplace jamais les échanges du quotidien, mais elle pose un cadre commun. Le reste se construit au fil des semaines, entre les cahiers signés, les questions posées le soir sur une leçon, et les petits ajustements que chaque enfant réclame à sa façon. C’est ce dialogue-là, plus que n’importe quelle réunion, qui fait vraiment avancer une classe.
Mon power point à télécharger !
Pour aller plus loin
Si vous voulez creuser certains de ces points à tête reposée, deux ressources peuvent vous être utiles. D’abord, ma chaîne YouTube SOS Cartables, où je publie régulièrement des vidéos pour aider les parents à accompagner leurs enfants dans le travail scolaire : devoirs, méthodes de révision, organisation à la maison, autant de sujets qui prolongent naturellement ce qui a été abordé pendant la réunion. Ensuite, pour ceux qui veulent comprendre plus en détail ce qui est attendu des élèves au cycle 3, le site Éduscol du ministère de l’Éducation nationale détaille les programmes officiels du CM1 à la sixième.
Ce sont des compléments, pas des obligations : mais pour les parents qui aiment comprendre le cadre dans lequel travaille leur enfant, ça vaut le détour.
N’hésitez pas à revenir vers moi si un point reste flou. C’est toujours plus simple d’en parler avant que ça ne devienne un problème.
