J’ai repris ce domaine en détail cet été pour préparer ma rentrée avec mon groupe de CM1 « les nouveaux programmes Maths CM1 Nombres, Calcul et Résolution de problèmes ». C’est l’un des programmes qui structure qui structure le plus l’année, et je préfère avoir tout à plat avant septembre plutôt que de le découvrir période par période.
C’est ce que couvre le domaine Nombres, calcul et résolution de problèmes du nouveau programme de Maths CM1, en vigueur depuis la rentrée de septembre 2025 — et c’est de loin le domaine le plus dense de l’année : numération entière, fractions, décimaux, calcul mental, les 4 opérations, résolution de problèmes, et une première initiation à l’algèbre.
Tu peux retrouver les nouveaux programmes Mathématiques CM1 complets pour l’ensemble des domaines, et toutes mes ressources pour le coin du maître.
Vue d’ensemble du domaine / Nouveaux programmes Maths CM1 Nombres – Calcul – Résolution de problèmes

| Sous-domaine | Contenu CM1 |
|---|---|
| Nombres entiers | Jusqu’à 999 999 — multiples de 2, 5, 10 — diviseurs ≤ 10 |
| Fractions | Dénominateur ≤ 20 — fraction unitaire comme opérateur |
| Décimaux | Jusqu’aux centièmes — fraction décimale → écriture à virgule |
| Calcul mental | Tables, ×4, ×5, ×8, distributivité, ×10/100/1000 |
| 4 opérations | Addition/soustraction décimaux, multiplication, division euclidienne |
| Résolution de problèmes | 10 problèmes/semaine — modèle en 4 phases |
| Algèbre | Symboles pour nombres inconnus, programmes de calcul, suites |
Les nombres entiers
Au CM1, la numération s’étend jusqu’à 999 999 (6 chiffres). Pendant les deux premières périodes, on se limite aux nombres écrits avec au plus 4 chiffres : les nombres à 5 ou 6 chiffres n’apparaissent qu’à partir de la période 3 ou 4.
- Comparer et dénombrer des collections en les organisant.
- Construire des collections de cardinal donné.
- Connaître et utiliser les relations entre les unités de numération.
- Connaître la suite écrite et orale des nombres jusqu’à 999 999.
- Connaître la valeur des chiffres selon leur position dans un nombre.
- Connaître et utiliser diverses représentations d’un nombre.
- Comparer, encadrer, intercaler, ordonner des nombres entiers.
- Placer des nombres sur une demi-droite graduée.
- Reconnaître les multiples de 2, de 5 et de 10.
- Déterminer si un nombre entier donné est un multiple ou un diviseur d’un nombre entier inférieur ou égal à 10.
Les fractions
Les fractions ont un dénominateur inférieur ou égal à 20 (sauf fractions décimales, dénominateur 100). Elles servent à représenter une partie d’un tout, mesurer des grandeurs, repérer des points sur une droite graduée — et comme opérateur multiplicatif pour les fractions unitaires : un tiers de 12 billes, un quart de 100 mètres. C’est cette dernière notion, l’opérateur, qui demande le plus de temps en classe : les élèves associent d’abord la fraction à un découpage visuel, avant de l’utiliser comme un calcul.
Prenons un exemple concret : « Quel est le tiers de 15 crayons ? » Les élèves qui butent dessinent souvent 15 traits puis hésitent sur le découpage en trois groupes égaux. Le passage réussi, c’est quand ils comprennent que « le tiers de 15 » revient à calculer 15 ÷ 3, sans repasser par le dessin à chaque fois. C’est cette bascule du découpage visuel vers l’opération qui distingue un élève qui a compris la fraction-opérateur d’un élève qui l’a seulement mémorisée sur un cas particulier.
- Interpréter, représenter, écrire et lire des fractions.
- Écrire une fraction supérieure à 1 comme somme d’un entier et d’une fraction inférieure à 1.
- Encadrer une fraction entre deux entiers consécutifs.
- Placer et repérer des fractions sur une demi-droite graduée.
- Comparer des fractions.
- Additionner et soustraire des fractions.
- Déterminer une fraction d’une quantité ou d’une grandeur (fractions unitaires).
Les nombres décimaux
Les décimaux sont introduits sous forme de fractions décimales, avant que l’écriture à virgule n’arrive comme un codage : 35,78 = 35 + 7/10 + 8/100. Au CM1, on ne dépasse pas les centièmes (2 chiffres après la virgule maximum).
- Interpréter, représenter, écrire et lire des fractions décimales.
- Connaître les relations entre unités simples, dixièmes et centièmes.
- Placer et repérer des fractions décimales sur une demi-droite graduée.
- Passer d’une écriture fractionnaire à une écriture à virgule et réciproquement.
- Comparer, encadrer, intercaler, ordonner des nombres décimaux.
- Donner la partie entière et l’arrondi à l’entier d’un nombre décimal.
Calcul mental et procédures
Mémoriser des faits numériques : faits usuels relatifs aux entiers, relations entre fractions usuelles, écriture décimale de fractions usuelles.
Utiliser la numération pour calculer : ajouter ou soustraire un entier à un décimal sans retenue, multiplier un entier par 10/100/1000, multiplier un décimal par 10, diviser un décimal par 10.
Procédures de calcul mental : ajouter ou soustraire 8, 9, 18, 19, 28, 29, 38 ou 39 à un nombre ; multiplier un entier inférieur à 10 par un nombre de dizaines ou de centaines ; multiplier un entier par 4 ou par 8 ; multiplier un entier par 5 ; utiliser la distributivité dans des cas simples.
L’erreur la plus fréquente que je vois en calcul mental au CM1 ne porte pas sur les tables elles-mêmes, mais sur la confusion entre multiplier et ajouter des zéros : un élève qui calcule 24 × 10 en écrivant simplement « 240 » a de bonnes chances d’avoir mémorisé la règle sans la comprendre, et il se trompera dès que le nombre de départ est un décimal (24,5 × 10 ne s’obtient pas en « ajoutant un zéro »). Faire verbaliser le glissement des chiffres plutôt que la règle du zéro évite ce piège.
Les quatre opérations
- Estimer le résultat d’une opération.
- Savoir effectuer un calcul contenant des parenthèses.
- Poser et effectuer des additions et soustractions de nombres décimaux.
- Poser et effectuer des multiplications de deux nombres entiers.
- Poser et effectuer des multiplications d’un nombre décimal par un entier inférieur à 10.
- Poser et effectuer des divisions euclidiennes avec un diviseur à un chiffre.
Résoudre des problèmes, tous les jours
Le programme demande au moins 10 problèmes par semaine, avec un modèle en 4 phases : Comprendre → Modéliser → Calculer → Répondre. La phase « Comprendre » passe avant tout calcul — l’élève reformule le problème avec ses propres mots. C’est souvent là que ça bloque, bien plus que sur le calcul lui-même : un élève qui sait poser une division peut rester bloqué devant un problème simplement parce qu’il n’a pas identifié ce qu’on lui demande.
Pour les élèves qui restent bloqués en phase « Comprendre », deux appuis fonctionnent mieux qu’une explication supplémentaire du maître : leur faire raconter le problème à un camarade avec leurs propres mots avant de toucher un crayon, et leur faire identifier la question posée en la soulignant physiquement dans l’énoncé. À l’inverse, les élèves les plus à l’aise gagnent à être poussés vers les problèmes à trois étapes ou les problèmes d’optimisation, qui demandent de choisir entre plusieurs démarches possibles plutôt que d’en appliquer une seule.
- Problèmes additifs en une étape (« parties-tout », comparaison).
- Problèmes additifs en deux ou trois étapes.
- Problèmes multiplicatifs de type « parties-tout » en une étape.
- Problèmes de comparaison multiplicative.
- Problèmes mixtes en deux ou trois étapes.
- Problèmes de dénombrement et d’optimisation.
L’algèbre, la vraie nouveauté du CM1
C’est le domaine le plus récent dans les habitudes de classe : la pensée algébrique s’initie désormais explicitement dès le CM1, alors qu’elle était souvent repoussée au collège il y a encore quelques années. Concrètement, ça commence par des égalités à trous très simples (5 + ☐ = 13), puis évolue vers des suites où l’élève doit deviner la règle de construction avant de la formuler avec ses propres mots. La difficulté n’est pas calculatoire — les élèves savent trouver le nombre manquant — mais langagière : ils doivent apprendre à dire « j’ajoute 3 à chaque fois » plutôt que de simplement continuer la suite par imitation.
- Trouver le nombre manquant dans une égalité à trous.
- Déterminer la valeur d’un nombre inconnu à l’aide d’un symbole ou d’une lettre.
- Résoudre des problèmes algébriques.
- Exécuter un programme de calcul.
- Identifier et formuler une règle de calcul pour poursuivre une suite de nombres.
- Identifier des régularités et poursuivre une suite de motifs évolutive.
Ce domaine charrie beaucoup de mots techniques (numérateur, dénominateur, multiple, diviseur, distributivité) que les élèves croisent sans toujours en retenir le sens précis d’une leçon à l’autre. Pour s’y retrouver rapidement, un parent ou un élève peut consulter le lexique interactif ci-dessous : chaque mot renvoie à une définition courte et à un exemple chiffré, classés par sous-domaine (fractions, calcul, problèmes, algèbre).
Ce qui se complique en CM2
En CM2, la numération grimpe jusqu’à 999 999 999, les fractions montent à un dénominateur de 60, les décimaux atteignent les millièmes, et l’algèbre passe d’exécuter un programme de calcul à en produire un soi-même. Voir le domaine Grandeurs et mesures CM2 et les nouveaux programmes Mathématiques CM2 complets.
Une question qui revient souvent en salle des maîtres : la calculatrice est-elle interdite au CM1 ? Les élèves n’ont pas de calculatrice personnelle en classe, mais rien n’empêche l’enseignant d’en distribuer ponctuellement, pour un usage ciblé — vérifier un résultat après un calcul posé, par exemple, plutôt que remplacer le calcul lui-même.
Ce domaine occupe l’essentiel du temps de maths au CM1, et c’est mérité : sans une numération solide et une aisance en calcul mental, la résolution de problèmes et l’algèbre qui arrivent derrière ne tiennent pas. Toutes mes ressources pour ce domaine sont sur le coin du maître, et en vidéo sur la chaîne YouTube SOS Cartables.
Basé sur le nouveau programme officiel de mathématiques pour le cycle 3, publié au Bulletin officiel n°16 du 17 avril 2025 sur Éduscol — education.gouv.fr
